{"id":84,"date":"2024-05-17T19:14:45","date_gmt":"2024-05-17T17:14:45","guid":{"rendered":"https:\/\/editions-bassefrequence.org\/?p=84"},"modified":"2024-06-06T15:27:07","modified_gmt":"2024-06-06T13:27:07","slug":"mekanize-you","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/editions-bassefrequence.org\/index.php\/2024\/05\/17\/mekanize-you\/","title":{"rendered":"MEKANIZE YOU"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">MEKANIZE YOU<\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une histoire du Neurofunk<\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"726\" src=\"https:\/\/editions-bassefrequence.org\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Mekanize-You-couverture-1024x726.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-85\" srcset=\"https:\/\/editions-bassefrequence.org\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Mekanize-You-couverture-1024x726.jpg 1024w, https:\/\/editions-bassefrequence.org\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Mekanize-You-couverture-300x213.jpg 300w, https:\/\/editions-bassefrequence.org\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Mekanize-You-couverture-768x545.jpg 768w, https:\/\/editions-bassefrequence.org\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Mekanize-You-couverture-1536x1090.jpg 1536w, https:\/\/editions-bassefrequence.org\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Mekanize-You-couverture-2048x1453.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-body-font-family\"><br> Tous les aspects de la musique ont d\u00e9sormais \u00e9t\u00e9 colonis\u00e9s par la technologie. Ceci nous questionne sur son future, et le notre. Un courant musical magnifie la relation homme-machine sous une lecture futuriste et en a fait une v\u00e9ritable obsession: le Neurofunk. Son histoire est riche d\u2019enseignement tant elle se calque sur de nombreux ph\u00e9nom\u00e8nes de soci\u00e9t\u00e9. Elle r\u00e9v\u00e8le les ali\u00e9nations qui nous englobent, et les perspectives froides qui nous habitent. L\u2019obscurit\u00e9 c\u00f4toie la lumi\u00e8re, le r\u00e9alisme c\u00f4toie le fantasme, le d\u00e9passement c\u00f4toie la r\u00e9signation, le cybern\u00e9tique c\u00f4toie le vivant, le futur c\u00f4toie le pass\u00e9.<br> Ce texte est l\u2019exploration d\u2019une \u00e9poque qui se veut acc\u00e9l\u00e9rationniste mais qui se perd dans ses croyances. Une r\u00e9sistance bionique et musicale. A travers ces lignes, nous partirons \u00e0 la recherche de ce qu\u2019exprime cette musique ambivalente. Les andro\u00efdes dansent-ils sur du Neurofunk ? Le culte de la robotisation s\u2019applique-t-il \u00e0 la cr\u00e9ation musicale ? La musique peut elle \u00eatre utopique ou dystopique ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-body-font-family\"><br>        FONDATIONS<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-body-font-family\"><br>        Alors que la Jungle devient trop mainstream et mute vers le Speed Garage et le 2-step, le sous-genre Neurofunk appara\u00eet \u00e0 Londres autour des ann\u00e9es 1997 et 1998, comme un d\u00e9veloppement de la Drum\u2019n\u2019Bass Techstep, et comme alternative \u00e0 \u00ab l\u2019intelligent Drum\u2019n\u2019Bass \u00bb aux aspects plus lounge et jazzy. Cette musique colle \u00e0 une \u00e9volution plus globale. Avant 1995 les musiques sont essentiellement bas\u00e9es sur des samples, alors qu\u2019\u00e0 partir de l\u00e0, elles s\u2019empareront de l\u2019outil informatique.<br>        Plusieurs morceaux sont connus comme \u00e9tant les pr\u00e9curseurs de cette \u00e9volution. Il y a le bien nomm\u00e9 \u00ab To Shape The Future \u00bb d\u2019Optical, mais \u00e9galement \u00ab Funktion \u00bb et \u00ab The Shining \u00bb, tous les deux produits en collaboration avec Ed Rush. Durant l\u2019ann\u00e9e 1998, ils seront suivis d\u2019artistes tels que Matrix, Bad Company, Psion (Stakka et Skynet), Calyx ou encore Decoder. Puis, \u00e0 partir de 1999, s\u2019ajouteront \u00e0 la liste Acetate, Cause 4 Concern, Decorum, EBK, Shimon, Filibuster, Shorn Doda, K-Tee, Konflict et Usual Suspects. Les premiers labels qui cherchent alors \u00e0 d\u00e9velopper ce sous-genre sont Prototype Records, Renegade Hardware et Metalheadz. C\u00f4t\u00e9 soir\u00e9e, c\u2019est le club londonien Funktion qui joue un r\u00f4le significatif en promouvant cette sc\u00e8ne et en invitant ses artistes les plus c\u00e9l\u00e8bres.<br>        Ce qui marque une nouvelle esth\u00e9tique, ce sont les sonorit\u00e9s sombres, froides et complexes, les basses distordues et les m\u00e9lodies laissant place \u00e0 plus de percussions. On retrouve \u00e9galement de nombreuses \u00e9vocations d\u2019un univers science-fictionnel, comme avec l\u2019album Wormhole d\u2019Ed Rush et Optical.<br>        Le terme Neurofunk n\u2019appara\u00eet toutefois pas imm\u00e9diatement et sa gen\u00e8se est tout \u00e0 fait passionnante. Sa premi\u00e8re mention provient du compte-rendu d\u2019un concert de Meat Beat Manifesto \u00e9crit par Simon Reynolds en 1989. Mais ce terme prend v\u00e9ritablement racine ensuite dans l\u2019article qu\u2019il r\u00e9dige pour le magazine The Wire en 1997, <em>Simon Reynolds on the Hardcore Continuum #5: Neurofunk Drum \u2018n\u2019 Bass Versus Speed Garage<\/em>. L\u2019auteur reprend l\u2019expression en 1998 dans son livre <em>Energy Flash: A Journey Through Rave Music and Dance Culture<\/em>. Il d\u00e9finit ce nom comme la r\u00e9sultante du glissement stylistique qui prend place alors dans le mouvement Techstep.<br>        Il y voit le point culminant de la tendance perfectionniste de la Drum\u2019n\u2019Bass, d\u00e9pourvue de l\u2019amusement propre \u00e0 la r\u00e9sistance culturelle initi\u00e9e par la Jungle et effectuant un retour vers la Techno. Il parle d\u2019une \u00e9rotisation de l\u2019anxi\u00e9t\u00e9, de n\u00e9vrose et de morbidit\u00e9. Le son est libidinal. Clairement, l\u2019inventeur du terme \u00e9crit l\u00e0 une critique virulente du mouvement. Le mot <em>neuro <\/em>fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019obsession n\u00e9vros\u00e9e pour la technologie. Et s\u2019il met <em>funk <\/em>dans le nom, c\u2019est pour sp\u00e9cifier qu\u2019il n\u2019y en a pas. La musique est qualifi\u00e9e de robotique, \u00e2cre, vide et monotone. Comme la r\u00e9miniscence du corps pour un cyborg. Elle est nihiliste tant elle n\u2019exprime aucun sentiment ni<br>humeur. Elle cr\u00e9\u00e9 un effet d\u2019amn\u00e9sie car on ne se rappelle pas un morceau apr\u00e8s l\u2019avoir \u00e9cout\u00e9. Enfin, elle est directement li\u00e9e aux musiques contemporaines issues de la culture des Blancs, sociologiquement parlant : froides et non polyrythmiques.<br>        Il termine son article en disant que cette musique ne se danse pas et n\u2019augure pas un future radieux pour la sc\u00e8ne Drum\u2019n\u2019Bass. Il arr\u00eate d\u2019ailleurs de s\u2019y int\u00e9resser \u00e0 ce moment l\u00e0. Mais le public non. L\u2019appellation Neurofunk commence alors \u00e0 \u00eatre de plus en plus reprise avec le temps, effa\u00e7ant toute trace de l\u2019aspect critique originel. L\u2019ironie est totale. Plut\u00f4t que pr\u00e9venir de ce risque pour la sc\u00e8ne, la d\u00e9nomination est embrass\u00e9e et prise au sens litt\u00e9ral. L\u2019utilisation du terme serait donc due \u00e0 une m\u00e9compr\u00e9hension de son sens premier. Le fantasme d\u2019une musique futuriste, tellement complexe qu\u2019elle agirait sur le cerveau, a finit par faire dispara\u00eetre l\u2019aspect critique de la r\u00e9flexion de Reynolds portant sur un comportement obsessif et un rapport libidinal \u00e0 la technologie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-body-font-family\"><br>        SCIENCE ET TECHNOLOGIE<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-body-font-family\"><br>        Ce genre musical se veut technique. Pour Phil Aslett, producteur londonien de Drum\u2019n\u2019Bass, c\u2019est une cr\u00e9ation que l\u2019on doit lire, comme un livre, et non vendre de mani\u00e8re populaire. Ainsi le sound design en devient son \u00e9l\u00e9ment crucial, sa caract\u00e9ristique-cl\u00e9. Autrement dit, il est sacralis\u00e9 dans son temple qu\u2019est le Neurofunk. De nouvelles sonorit\u00e9s apparaissent, des bruits encore jamais entendus et mix\u00e9s avec une clart\u00e9 jusqu\u2019alors jamais atteinte. Est d\u00e9velopp\u00e9e la technique du layering, son produit en multi-couche. Sont exp\u00e9riment\u00e9es de nouvelles combinaisons de filtres et de modulations, telle la<br>reese bass qui est tr\u00e8s vite associ\u00e9e au genre. Enfin l\u2019usage de la r\u00e9verbe est pr\u00e9dominante afin d\u2019amplifier les effets d\u2019espace et de profondeur, ainsi que pour fa\u00e7onner des atmosph\u00e8res particuli\u00e8res.<br>        \u00c0 travers sa composition, et principalement dans ses intros et build, le Neurofunk am\u00e8ne \u00e9norm\u00e9ment de tension. Cela cr\u00e9e un effet d\u2019anticipation qui d\u00e9bouche sur le drop. Comme cela est souvent le cas d\u00e9sormais dans bien d\u2019autres genres, on retrouve le sch\u00e9ma d\u2019une mont\u00e9e en intensit\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019une courte pause atmosph\u00e9rique agisse comme un climax, avant que le morceau se lance de toute ses forces.<br>        Kwinten Crauwel, l\u2019inventeur de Musicmap, un site proposant une g\u00e9n\u00e9alogie des genres de musiques populaires, le dit ainsi: \u00ab Le Neurofunk sonne comme la bande-son naturelle du syst\u00e8me nerveux: des substances neurologiques qui s\u2019\u00e9coulent et se pr\u00e9cipitent, provoquant des \u00e9motions \u00e0 la fois sensibles et profond\u00e9ment obscures \u00bb. L\u2019imaginaire scientifique est cens\u00e9 repr\u00e9senter le modus operandi de la production sonore. Les producers se voient tels des chercheurs en laboratoires. D\u2019ailleurs certains d\u2019entre eux sont de v\u00e9ritables scientifiques, \u00e0 l\u2019instar de John B, DJ et \u00e9tudiant en g\u00e9n\u00e9tique et biologie cellulaire \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Durham. Les samples de scientifiques vont alors bon train et les titres de morceaux parlent d\u2019eux-m\u00eames, comme les morceaux \u00ab Cells \u00bb et \u00ab Copies \u00bb de Trace et Nico parlant de formation cellulaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-body-font-family\"><br>        CYBERPUNK<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-body-font-family\"><br> Le Neurofunk accompagne la machinisation du monde en se remplissant d\u2019allusion \u00e0 la culture SF et ses th\u00e8mes les plus dystopiques. Cette co-\u00e9volution avec la machine fait ainsi penser \u00e0 la mal\u00e9diction \u00e9voqu\u00e9e dans le film Akira. On y combine technologie avanc\u00e9e et soci\u00e9t\u00e9 dysfonctionelle. La fronti\u00e8re entre ordinateur et humain devient extr\u00eamement floue. L\u2019univers Mecha, issu de la culture manga et faisant l\u2019apologie de la robotique, est aussi ultra-pr\u00e9sent.<br> L\u2019artiste serbe Billain s\u2019\u00e9vertue \u00e0 faire ces liens. Autant avec sa musique, pure expression de la puissance de la m\u00e9canisation et de la folie technologique, dont la formule peut se r\u00e9sumer \u00e0 ceci: des sonorit\u00e9s atmosph\u00e9riques \u00e0 la Vangelis, des synth\u00e9s rave, des basses au design pointu et des rythmiques sur-prot\u00e9in\u00e9es. Autant avec ce qu\u2019il produit au-del\u00e0 de sa musique: des nouvelles et films d\u2019animations SF accompagnant ses morceaux, ainsi que la production d\u2019artefacts sous la forme de dessins robotiques sur des pierres qu\u2019il s\u00e8me \u00e0 droite \u00e0 gauche. L\u2019artiste est si impr\u00e9gn\u00e9 de technologie et de l\u2019univers science-fictif qu\u2019il d\u00e9crit souvent sa musique comme Cyberneuro.<br> Or, la comparaison s\u2019arr\u00eate \u00e0 la critique politique et sociale que fait le cyberpunk de la classe dominante : rien de tout cela ne transpire dans le Neurofunk. Comme le post-cyberpunk, le Neurofunk se joint plus \u00e0 la culture du monde d\u2019aujourd\u2019hui et ses th\u00e9matiques plus soft, comme l\u2019hyperconnexion, plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 une vive critique anticipative du monde de demain. Cela m\u00e8ne \u00e0 une plus grande accessibilit\u00e9 mais aussi \u00e0 une plus grande uniformalisation sur la forme, et aseptisation sur le fond.<br>Tout comme avec le cyberpunk, on remarque que finalement la dystopie est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 et que le fantasme n\u2019agit plus. \u00c0 force de concepts dits futuristes et aux aspects finalement tr\u00e8s peu r\u00e9volutionnaires voir d\u00e9cevants, le public se retourne vers un ancien \u00e2ge d\u2019or retro, nostalgique, n\u00e9o-renaissant. Ainsi, les<br>personnes qui ont de la sympathie pour le cyberpunk, ont pour les m\u00eames raisons de l\u2019affection pour le Neurofunk. Il subsiste un fantasme, celui de l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019un avenir tant racont\u00e9. La fascination d\u00e9passe la crainte et cr\u00e9\u00e9 de la dissonance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-body-font-family\"><br>        EVOLUTIONS ET VARIATIONS<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-body-font-family\"><br> Le site <em>neurofunk.com<\/em>, qui d\u00e9bute en avril 1999, et <em>neurofunkgrid<\/em>, un forum propre au genre, fondent les bases d\u2019une communaut\u00e9. L\u2019int\u00e9r\u00eat pour le genre est ensuite croissant. Le mouvement s\u2019\u00e9tend vite \u00e0 d\u2019autres pays que l\u2019Angleterre et, \u00e0 partir de 2002, de nombreux artistes d\u2019Europe de l\u2019Est et de Russie s\u2019y joignent. Plusieurs autres g\u00e9n\u00e9rations font ensuite \u00e9voluer le genre, notamment avec l\u2019arriv\u00e9e de Noisia et de Black Sun Empire, originaires des Pays-Bas, ainsi que celle de Rawtekk et de Current Value, en Allemagne. La constante structurelle est que le mouvement reste \u00e0 contre-courant du march\u00e9 du divertissement, et qu\u2019il se propage par le biais d\u2019Internet.<br> Le sound design propre au Neurofunk est tellement original qu\u2019il finit par \u00eatre r\u00e9utilis\u00e9 dans d\u2019autres genres que la Drum\u2019n\u2019Bass. Tout d\u2019abord, c\u2019est avec le Glitch Hop qu\u2019une premi\u00e8re fusion se fait, autour de l\u2019ann\u00e9e 2010. Ce sous-genre se nomme le Neurohop et devient vite tr\u00e8s productif, principalement gr\u00e2ce \u00e0 la cr\u00e9ation du forum neurohopforum, actif jusqu\u2019en 2015. Le duo KOAN Sound d\u00e9finit clairement la sc\u00e8ne, avant d\u2019\u00eatre rejoint par Reso, Teknian, Culprate, Audeka, Kursa, Skope, Frequent, Flatmate, Disprove et bien d\u2019autres.<br> Plus r\u00e9cemment, c\u2019est avec le Breakbeat qu\u2019une nouvelle \u00e9volution surgit et se nomme Neurobreaks. Joe Ford en 2013, avec son morceau \u00ab Distilled \u00bb, et Culprate en 2017, avec \u00ab Phantom \u00bb, en sont les pionniers en exp\u00e9rimentant leur musique sur de nouveaux tempos. En 2019, c\u2019est AKOV qui se lance dans l\u2019aventure avec ses morceaux \u00ab Only You \u00bb et \u00ab The Virus \u00bb. Mais le d\u00e9collage prend forme en 2021 avec l\u2019EP \u00ab Renaissance \u00bb de Pluvio, qui invite AKOV \u00e0 le remixer. Tous les deux d\u00e9cident alors de cr\u00e9er, avec Screamarts, le label Symbiotik Records, totalement d\u00e9di\u00e9 au genre. S\u2019en suivra \u00e9galement la cr\u00e9ation d\u2019Audio Swarm, un second label que Pluvio partage avec Thomas Weiz afin d\u2019ouvrir la distribution \u00e0 un plus grand nombre d\u2019artistes. Depuis, de nombreuses autres productions voient le jour, avec par exemple Tesseracts, Volatile Cycle, Foks, Bios Destruction ou Afghan Headspin.<br> Le terme neuro est accol\u00e9 \u00e0 d\u2019autres suffixes encore. On retrouve ainsi les traces de mouvements tels que le Neurostep, sur un tempo Dubstep, ou le Neuro Garage, sur un beat UK Garage. Cela met en place tout un r\u00e9seau connectant des artistes ayant un attrait commun autour de l\u2019esth\u00e9tique neuro et ouvre tout un pan de sous-genre possible. Cela met aussi en \u00e9vidence que la musique neuro serait plus une esth\u00e9tique ou un style qu\u2019un genre en soit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-body-font-family\"><br>        TECHNOTOPIE<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-body-font-family\"><br>        Qu\u2019est ce que nous raconte cette histoire ? Clairement, la fascination pour la technologie semble partout. Comme une acceptation de l\u2019in\u00e9luctable omnipr\u00e9sence de la machine. La science-fiction a noy\u00e9 toute une g\u00e9n\u00e9ration d\u2019individus ayant grandi dans un environnement de plus en plus technologique. La science-fiction deviendrait une science-r\u00e9alit\u00e9 et la musique Neuro(funk) en serait r\u00e9v\u00e9latrice.<br>        Comme le souligne la vall\u00e9e de l\u2019\u00e9trange, ou Uncanny Valley, th\u00e9orie \u00e9labor\u00e9e par le roboticien japonais Masahiro Mori, plus un robot ressemble \u00e0 l\u2019humain, plus l\u2019humain le prend en horreur. Cette logique est ici contourn\u00e9e. Bien que le Neurofunk sugg\u00e8re la robotisation \u00e0 l\u2019extr\u00eame, la musique reste immat\u00e9rielle et la position de l\u2019artiste en tant qu\u2019humain veille \u00e0 marquer une distance entre lui et le robot.<br>        Une ultime r\u00e9flexion peut donc s\u2019\u00e9laborer. L\u2019int\u00e9gration de la machine dans nos vies serait un processus pour la dompter et garder le contr\u00f4le. Face \u00e0 ce qui semble comme une fatalit\u00e9, le d\u00e9ni ne serait en aucun cas une solution viable. Aussi, en cherchant \u00e0 composer avec, le fantasme pour la cybern\u00e9tique a sa part de r\u00e9alisme et le mouvement Neuro(funk) porte une certaine prise de conscience. Dans tous les cas, il est bien question d\u2019aller toujours plus loin et de jouer avec les limites des capacit\u00e9s humaines. Ces interrogations sont vieilles comme le monde mais se posent d\u00e9sormais aussi en musique.<br><br>\u00c9crit par 4bstr4ck3r.<\/p>\n\n\n\n<p>v.1 (Mai 2024)<\/p>\n\n\n\n<p>Texte sous licence Creative Commons<br>CC BY-NC-SA 4.0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-body-font-family\"><\/p>\n\n\n\n<p>T\u00e9l\u00e9charger le pdf pour la lecture :<\/p>\n\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/editions-bassefrequence.org\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Mekanize-You-1.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Embed of Mekanize-You-1.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-ed0a858b-9e47-44fa-8939-39c09be19496\" href=\"https:\/\/editions-bassefrequence.org\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Mekanize-You-1.pdf\">Mekanize-You-1<\/a><a href=\"https:\/\/editions-bassefrequence.org\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Mekanize-You-1.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-ed0a858b-9e47-44fa-8939-39c09be19496\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<p>T\u00e9l\u00e9charger le pdf pour l&#8217;impression :<\/p>\n\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/editions-bassefrequence.org\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Mekanize-You-print-1.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Embed of Mekanize-You-print-1.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-04093400-7833-4554-b8ff-b75e3b6faaa2\" href=\"https:\/\/editions-bassefrequence.org\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Mekanize-You-print-1.pdf\">Mekanize-You-print-1<\/a><a href=\"https:\/\/editions-bassefrequence.org\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Mekanize-You-print-1.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-04093400-7833-4554-b8ff-b75e3b6faaa2\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MEKANIZE YOU Une histoire du Neurofunk Tous les aspects de la musique ont d\u00e9sormais \u00e9t\u00e9 colonis\u00e9s par la technologie. Ceci nous questionne sur son future, et le notre. Un courant musical magnifie la relation homme-machine sous une lecture futuriste et en a fait une v\u00e9ritable obsession: le Neurofunk. 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